Tomber

5 10 2014

Je n’ai jamais eu peur des auteurs. J’ai surtout toujours eu peur du vide, qu’un jour ça ne donne plus rien, que mes mains comme amputées ne soient plus capables de taper. Taper dans le rythme, dans l’envie, dans l’espoir que le message passe, un message à personne, une lettre à moi-même. J’ai utilisé mille et une façons de me faire entendre, de me faire comprendre à moi même que je souffrais, je souffrais sans toi, ou avec toi. J’ai toujours pensé que ça ne faisait pas de sens, que ça faisait des lunes que je te cherchais, que je t’attendais et qu’en vain je te trouvais, parfaitement imparfaites. J’ai rêvé longtemps d’être aimer juste comme je le souhaitais, juste comme tout le monde fait, un peu, chaque fois en s’abandonnant à l’autre, simplement parce qu’une partie de nous n’a pas été aimé comme il fallait, ou simplement comme il nous manquait avec le temps, parce que quand on grandit, on espère toujours quelque chose. J’ai toujours aimé les femmes à tête forte, qui avaient soif de liberté, d’envie d’être, d’envie de devenir, comme si j’avais envie d’être là à l’éclosion de ce quelle allait devenir. J’ai compris que chaque fois j’arrivais trop tôt, que je voyais trop loin, que je n’étais pas un voyeur, mais un voyant. J’ai extrapolé trop souvent le devenir de celle qui partageait ma vie en ce que je voyais qu’elle pouvait être, j’ai toujours cru en elles. J’aurais aimé être plus, pour elle, toujours en restant moi. J’ai perdu bien souvent pied et quelquefois la raison. Je suis ce que j’ai toujours voulu devenir, travailleur et écrivain, travailleur généraliste, pour la croute et parce que j’aime bien, écrivain silencieux, car c’est tout ce que j’ai besoin. Quand les gens ont voulu plus pour moi, je me suis caché, quand les gens voulaient plus de moi, je me suis défilé. Comme si je demandais aux autres, une partie de ce que j’aimerais pour eux, comme si je n’avais rien compris de ce qu’eux voulaient pour eux. J’ai toujours eu peur du vide, quand j’ai sauté, j’ai pensé à toi, parce que j’avais envie d’être bien, que tu me tiennes la main sans un mot, sans vraiment poser de question, simplement là pour me rassurer, que tout irait bien, que tout serait bientôt très loin. La vitesse et le vent, plus aucune possibilité de retourner en arrière et une seule question, mais à vingt pieds au-dessus d’un lac sans fond, ce n’est plus vraiment le moment de se poser la question.

 

Défi du jour : 20 pieds au-dessus d’un lac sans fond

 


Actions

Information

Une réponse

6 10 2014
fran61

Si tu pouvais te laisser aller dans  »ta vie » comme tu te laisses aller à écrire de si beau texte …

Laisser un commentaire